Le Pot Belge du Diamantaire
Un temps, j’aimais partir en voyage, en vélo. Visiter
un pays, une région, avec pour simple bagage, la plus entière liberté.
Je vivais au jour le jour, et naviguais au gré des vents, porteurs
le plus souvent. Evidement certains pays m’attiraient plus que d’autres,
en raison de leurs prises de conscience des bienfaits du deux roues,
de certains avantages que procure la tolérance.
La Hollande devenait mon séjour de prédilection.
Outre la beauté de sa gente féminine, les coffee shop représentaient
un passage obligé dans la quête de mon Graal sportif. Quel cycliste
qui se respecte, peut se vanter de ne jamais rien prendre ?
Cette année là, je circulais en compagnie, et pavoisais
dans des bois flamands, à la frontière du pays de cocagne. Les chemins
que nous empruntions rappelaient par certains aspects ceux du Paris-Roubaix
: peut-être à cause de leurs aspects défoncés, des images qu’ils
rappelaient – je me sentais comme sur le Chemin des Dames, retapissé
d’obus.
Nous avions bien roulé, plus de cent kilomètres
dans les jambes, de quoi offrir aux chiens de beaux mollets à mordre.
Mais il était temps, le soir tombant, de chercher un refuge pour
la nuit. Le camping frontalier n’étant particulièrement ni réputé,
ni encouragé, nous devions choisir d’autres solutions. La plus simple
était de trouver un autochtone sympathique et disposant d’un jardin
suffisamment large pour notre tente.
Et tandis que nous roulions, nous croisâmes une
famille au grand complet qui finissait sa dominicale promenade,
paisiblement, doucement. Lorsqu’ils nous vîmes les dépasser à vive
allure, pour limiter l’impact des pavés sur nos chargements et nos
roues, ils furent immédiatement intrigués par l’importance de nos
bagages.
Au carrefour suivant, alors que nous cherchions
laquelle des cinq routes qui se trouvaient devant nous menait à
notre but – et notre carte n’en indiquait que trois – nous fûmes
rattrapés par cette famille, qui s’arrêta et nous regarda. Nous
eûmes l’impression un moment d’être extra-terrestres, tant leurs
regards suivaient le contour de nos montures. Puis le père, avec
prestance et cérémonie nous interrogea sur notre présence en ces
lieux. A nos réponses, il hochait consciencieusement la tête, benoîtement,
et pensait à je ne sais quel Christophe Colomb à bicyclette.
Après nous avoir renseigné sur le fait qu’il était
préférable de le suivre pour poursuivre notre parcours, il se serra
contre nous, laissant femmes et enfants derrière et nous harcela
de questions. Il chercha à savoir où l’on comptait dormir et nous
proposa immédiatement sa pelouse, nous évitant le tracas de tourner
en rond. Nous le suivîmes, en selle, le regard complice. Et la course
se poursuivit « pépère », tellement, que l’on risquait de tomber,
déséquilibré par le poids au guidon et le peu de vitesse. Et lui
continuait son monologue en anglais, mêlé de flamand et des mots
français appris en Dordogne lors de ses dernières vacances.
Enfin, nous arrivâmes dans son chalet, qui avait
l’avantage de ne pas dépareiller avec les autres, tous construits
sur le même modèle. L’harmonie de la Nature, quelle farce ! Le jardin
en longueur était coupé en trois. Une pré-pelouse, devant la maison
donnait aux passants l’impression d’une maison tenue. Puis, derrière
le bâtiment habitable, se trouvait un patio, en béton, entourée
de touffes d’herbes malades. Sur des tables en plastique étaient
les ustensiles d’été d’un jardin bourgeois. Caché derrière une haie
d’arbres nains, au fond de la propriété, s’étalait la grande pelouse,
de quelques mètres carrés, sur laquelle les enfants pouvaient jouer.
On nous indiqua l’emplacement de notre tente sur cette partie.
Un autre bâtiment, garage, longeait notre emplacement
dans sa longueur, face à une haie de thuyas. Une fois notre matériel
déposé, et nos vélos débarrassés, le propriétaire nous offrit de
les ranger dans son garage. Et fier, ils nous fit visiter ce que
nous croyions être un local de rangement, certes un peu grand.
Il s’agissait d’un atelier de taille de diamants,
notre hôte étant diamantaire. La visite, fort intéressante du reste,
montrait toutes les techniques nécessaires à cet ouvrage. Il nous
indiqua également les différents systèmes de sécurité, leur fonctionnement,
leurs branchements. Nous nous regardions interloqués, nous demandant
s’il s’agissait d’une invitation au braquage.
Voyant notre trouble, et rappelé à l’ordre par
sa compagne, ils nous invita, penaud, à quitter le lieux et à nous
assoire pour prendre un apéritif, de bières. Sa femme nous ouvrit
plusieurs breuvages hollandais, augmentant la pression alcoolisée
à chaque bouteille, faisant émerger en nous un plaisir immense.
Elle mit également des Vache-quirit, ces fameux faux fromages de
pâtes et croûtes, invendables en l’état, et transformées en fondue
gélatineuse. Il y avait aussi des Petits-Cubes, ces fromages tout
aussi ragoûtants aux goûts irréels, mais qui ont l’avantage de rendre
intelligent par d’incollables devinettes, aussi pointues que de
connaître la couleur du cheval blanc d’Henri IV. Mais cette fois-ci
nous pûmes difficilement retenir notre sérieux, en lisant la même
question en hollandais avec l’accent français. Nous parlâmes ensuite
des différences fondamentales, inévitables et invivables qui opposent
la calme campagne des environs de Breda à la bouillante vie parisienne,
des spécialités culinaires en Dordogne, des « dordogniens » et «
dordoniaises » et de leur méfiance viscérale pour les hollandais.
Ces derniers ayant horreur des champignons sauvages, la cohabitation
aurait dû se dérouler plus paisiblement. Et la conversation sautait
de banalités en banalités, des diamants à nos études, aux bêtises
des enfants, à leurs notes en classe…. Les inepties ne manquaient
pas dans cette discussion.
Mais cela restait tout à fait charmant. L’aspect
« banlieue bourge » de la baraque lui donnait un air ridicule, mais
drôle. Tout était léché, propre, soigné, la terre lessivée, les
arbres époussetés… Cela sentait le « bien-tenu ». Nous levâmes le
camp et annonçâmes notre intention d’aller dîner, nos pâtes déshydratées,
nos boites de maquereaux au vin blanc et nos pommes flétries. Les
aliments confinés, dans le peu d’espace qu’offraient nos sacoches,
s’abîmaient rapidement.
Nous dressâmes prestement la table, en posant chacun
une assiette sur ses genoux, et sortant nos couteaux à cran d’arrêt
entamâmes le poisson. Les bières étaient décapsulées, les pétards
allumés, quand subitement nous vîmes accourir le chien, et la plus
petite des enfants. En quelques secondes, les ingrédients dérangeant
avaient disparu de la vue commune et se consumaient dans le cendrier
enfoui dans une chaussure. Nous saluâmes la divine apparition avec
autant d’amour qu’un Waffen SS, l’invitant d’un glacial sourire
à rentrer voir si son papa ne se trouvait pas dans son assiette.
Mais derrière l’impitoyable gamine arriva la mère et le reste de
la famille en procession.
La galère ne faisait que commencer.
Nous ne comprîmes pas tout de suite ce qui nous
arrivait. Notre maîtresse de maison se présenta à l’entrée de notre
tente, munie d’un plateau sur lequel reposait des aliments. Il nous
semblait qu’il s’agissait là de viande. Il y avait aussi des quetsches,
de la salade tiède et de la bière. L’intention tout à fait appréciable
était d’autant plus louable que les mets étaient à profusion, présentés
dans de jolis récipients. Elle nous avait également préparé des
couverts que portait le reste de la procession. Ils nous installèrent
une nappe au sol, sur laquelle nous nous mîmes, puis disposèrent
la table tout autour de nous, avec une très grande attention et
gentillesse. Nous regardions cela éberlués, peu habitués à une telle
chaleur et une telle réception. Gentiment le chien gambadait autour
de nous, jappant à intervalles réguliers.
Nous attendions qu’ils nous laissent un peu tranquille
pour entamer notre cène. Mais nos hôtes restaient, souriant, attendant
avec une joie contenue que nous entamâmes leur dîner. C’est alors
que nous nous servîmes. Chacun prenait quelques boulettes de viande,
que nous nous apprêtions à mélanger à nos pâtes qui étaient cependant
prêtes, quand notre cuisinière, qui n’en tenait plus, nous arrêta.
Confondus en excuses, elle nous suggéra de goûter ce traditionnel
plat, comme le font les hollandais. Et s’activant brusquement déversa
dans nos assiettes, sur fond de salade tièdes, un tiers du saladier
de quetsches au sirop.
Nous n’étions pas mécontent de tester la cuisine
locale, le seul problème était qu’il nous semblait un peu difficile
de la faire après centre trente kilomètres de route, à pédaler contre
le vent. Nous avions surtout besoin de pâtes, sachant, qu’en plus,
le lendemain nous devions réitérer l’opération.
Les premières bouchées furent terribles pour nos
papilles gustatives. La salade tiède apparaissait comme le pire.
Mais la viande, que nous espérions, nous en privant par mesure d’hygiène
– il est peu recommander de trimballer des steaks dans la chaleur
étouffante de sacoches exposées toute une journée au soleil, sans
chaîne du froid – faillit nous faire déglutir. D’un aspect caoutchouteux,
elle était de bœuf et bouillit à la vapeur, en avait perdu jusqu’à
sa saveur et même sa fermeté. Nous avions l’impression de manger
un chewing-gum, qui collait aux dents. La salade tiède prenait un
goût et une texture auxquels nous ne pouvions nous habituer. Et
les quetsches, sensées adoucir l’ensemble, provoquaient dans nos
estomacs une réaction en chaîne. Mais devant les visages ravis de
nos hôtes, nous durent faire bonne figure. Nous remerciâmes avec
compliments, et prîmes également une contenance joyeuse et aimable.
Nos dents du fond, dans lesquelles baignait un mélange toxique,
menaçaient d’en déverser le trop plein à tout moment.
Pour notre grand bonheur, la famille se retira,
emportant avec elle ses plateaux et nous laissant terminer, entre
sportifs, ce magnifique repas. Seul le chien resta à nos côtés,
certainement attiré par l’odeur de la viande, c’est du moins ce
que nous croyions. Il devait être français le chien, car en réalité,
seules nos pâtes l’intéressèrent. Nous versâmes dans un saladier
le contenu de nos auges et le présentâmes au clébard. Mais ce dernier
fit la fine bouche et s’éloigna de cette pitance. Une idée géniale
nous traversa l’esprit et nous parvinrent à le convaincre de nous
débarrasser physiquement de cette bombe culinaire. Nous mélangeâmes
un peu de nos nouilles à l’ensemble et lui représentâmes. Là, il
goûta, mais avec sa langue récupéra le maximum de pâtes et laissa
le reste. Notre seule solution fut de jeter la totalité du récipient
sous la haie, dans le jardin du voisin. Il était moins une, du reste,
car la procession revenait, apportant un nouveau service. Mais nos
appétits, rassasiés par les nouilles, que nous avions eut le temps
d’ingurgiter, réclamèrent grâce. Contrit, nos hôtes repartirent.
Nous rangeâmes nos reliefs, remerciant maintes fois nos amis de
leur gentillesse, puis retournâmes sous notre tente finir nos illicites
cigarettes.
C’est alors que devisant sur ce qui nous arrivait,
nous décidâmes, en retour, de les inviter dans le village le plus
proche, pour boire un verre. Enchantés de notre invitation, ils
s’habillèrent, comme l’on sort le dimanche pour aller à la messe
et nous fîmes monter en voiture. Le diamantaire, fier de sa région,
nous en indiqua les moindres recoins valant le détour d’une digression
dans notre paisible conversation. Ainsi nous apprenions que tel
paysan cultivait des champignons de Paris, que tel autre avait un
tracteur neuf, qu’ici habita un illustre Hollandais, que là enfin,
il y a bien vingt ans, se trouvait une brasserie. Et notre chemin
nous conduisit à Barle-Nassau, où Bar le Duc en français. Cette
ville avait la particularité de se trouver sur la frontière belgo-hollandaise.
Et chaque habitant pouvait choisir sa nationalité, en fonction de
l’endroit ou se trouvait sa porte d’entrée. Ainsi, il était courant
de voir des villageois percer une porte dans un autre endroit de
leur maison, et ainsi, passer en Belgique, ou en Hollande. La frontière,
lorsqu’elle passait dans le village se dessinait en fonction des
entrées des habitations. Pour payer moins d’impôts, il fallait changer
l’orientation de son entrée.
Alors, nous admirâmes chaque baraque, chaque plaque
de rue, chaque numérotation. Il va de soit qu’un côté étant belge,
la numérotation ne pouvait être logique. Ainsi, la rue principale,
avait des numéros pairs des deux côtés, sauf sur certaines façades.
Les changements successifs de pays, par les citadins, avaient eu
raison de la logique. Les postes locales devaient donc être particulièrement
compréhensives et imaginatives. Comme la ville était partagée en
deux, elle possédait toutes les administrations en double. Ainsi,
il y avait deux polices, qui ne pouvaient intervenir que dans leur
pays respectif. Un homme attrapé en état d’ivresse, n’avait qu’à
se déplacer d’un mètre, changeant ainsi de pays, pour ne plus être
inquiété. Cette situation absurde, faisait, que les bars, tantôt
affichaient les prix en francs belges, tantôt en gulden hollandais.
Nous entrions dans une autre dimension. Nous nous arrêtâmes en Belgique,
pour aller boire un verre au Pays-Bas.
Nos amis étaient des notables, et la présence de
jeunes barbus, aux traits tirés, et aux fringues cyclistes, attira
l’attention de l’assemblée, qui visiblement connaissait nos hôtes.
Nous choisîmes une table en extérieur, si bien que deux pays avaient
les yeux braqués sur nous. Des saluts fusèrent de chaque terrasses,
auxquels notre diamantaire répondit par un léger signe de la tête,
son épouse se contentant de jauger ses rivales et copines d’un air
de suffisance matrimoniale. Le garçon s’empressa de venir prendre
la commande. Il y avait à mes côtés un panneau publicitaire vantant
la bière Affligem. Qui en local, se prononce Afflirhem. Ne sachant
quoi prendre dans une ville produisant de l’eau en bouteille, nous
choisîmes ce breuvage qui semblait dégourdir les zygomatiques.
Nous ne dûmes faire le bon choix, car notre diamantaire
en apparut vexé. Nous bûmes cependant, trinquant à leur accueil,
à la Hollande et à l’Europe. La conversation s’engagea sur les personnalités
du canton, leurs vices, les histoires qu’ils tirent comme des casseroles
attachées à l’arrière d’une voiture. Nous apprenions que le boulanger
avait eu une relation peu professionnelle avec la charcutière, le
charcutier s’était vengé en déclarant qu’il avait vu des rats dans
la boulangerie, et ainsi de suite. Nous, nous nous regardions, en
pensant que la conversation, passionnante, rendait notre hôte un
peu plus Affligem. Et cette idée que nous nous chuchotions nous
faisait pouffer de rire. Nous étions alors obligés de couvrir nos
lèvres de mousse onctueuse pour masquer notre hilarité. L’inconvénient
d’un tel procédé était, que parfois la mousse était projeté par
le souffle de notre rire, à des distances qu’il aurait mieux valut
qu’elle n’atteigne jamais. Ainsi il semblait neiger sur la table,
tant nous étions au bord de l’explosion. L’effort cycliste ne rendant
pas particulièrement intelligent, cette spontanée gaieté était avant
tout le contre-coup de la fatigue et de l’endurance de la journée.
Nous payâmes la première tournée, mais pour ne
pas paraître radin aux yeux de ses clients, notre diamantaire offrit
la seconde tournée. Trop embué par les relents de malt, je ne tenais
déjà plus la conversation. Je riais bêtement, n’ayant rien à cirer
de ce qui se disait. Seul l’un de nous trois s’était auto-désigné
porte-parole du trio et entretenait l’impression que nous étions
passionnés. On nous conseilla alors d’autres bières très locales,
moins réglementées et plus coriaces. Notamment une certaine Het
Capitel, des Flandres de l’ouest. Elle avait un bon goût, riche
comme une guiness, et se buvait comme de l’eau. Elle ne semblait
nullement faire de l’effet, comme nous l’avions ressentit avec l’Affligem.
Profitant de sa tournée, et de ses relations commerciales, notre
hôte fit d’une pierre deux coups, en invitant l’un de ses obligés
à venir partager notre sauterie. Ce dernier paya à son tour une
tournée et, forcés par sa présence, nous en offrîmes une nouvelle,
à notre tour.
Voyant la tournure que prenait la soirée, discrètement
nous nous étions résolus à boire plus lentement nos boissons, évitant
le trop grand nombre de mélanges. Mais plus rien n’arrêtait nos
Hollandais, qui commandèrent à tout va. Le garçon faisait fortune,
nous roulions sous la table. La Het Capitel finissait de nous achever.
Nous n’avions pas senti sa lente montée, mais deux bocks à la suite
étaient bien trop pour nos estomacs ballottés par l’effort et le
voyage.
Nous sentions l’envie pressante de rentrer, de
nous affaler dans nos duvets et cuver notre vilenie. Nos hôtes rassasiés
par les dix bocks qu’ils s’étaient enfilés dans la soirée, nous
proposèrent de rentrer. Nous acceptâmes avec d’autant plus de joies,
qu’il nous était impossible de tenir plus longtemps la décence de
notre position. Le retour se fit, avec un mal de cœur phénoménal.
Nous étions même très heureux d’arriver. Mais alors que nous nous
dirigions vers la tente, le diamantaire nous rappela, nous n’avions
pas goutté sa poire.
Je ne sais pas si cela s’était entendu, mais ils
n’ont pas pu ne pas le voir où du moins ne pas le sentir. Je rendis
les quetsches, les pâtes, les bières et tout le reste, au pied de
l’un des thuyas de la haie, là même où gisait notre repas du soir.
Je rentrais immédiatement me coucher, blanc comme un linge. Mes
compagnons me suivirent rapidement, dans un état semblable. Ils
avaient mieux résisté que moi.
Ils ne comprirent pas l’empressement que je ressentis,
le lendemain, à me rendre à Breda, loin de cette soirée de cauchemar,
où je me pris une telle cuite, qu’il me fallut plusieurs heures
de vélo pour parvenir à l’oublier. Mais nous gardâmes néanmoins
un très bon souvenir de l’accueil, et une perpétuelle envie de rire
en pensant aux boulettes de viande, dont même le chien ne voulait
pas.
Le diamantaire, quant à lui, avait dormi très profondément,
sur ses deux oreilles, sachant pertinemment, que, désormais, il
ne risquait plus rien, vu notre état. Mais je me demande encore
qui, des bières, des kilomètres à vélo ou du repas, favorisa si
vite notre anesthésie générale.
Paris, 2003.
Nouvelles
Cyclotouristes
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